Avant la bioproduction GMP et le premier patient, un MTI doit construire un faisceau de preuves sur la cible, la reproductibilité, la sécurité et la pertinence du modèle.
Une courbe de cytotoxicité impressionnante n’est pas encore une preuve préclinique suffisante pour un médicament de thérapie innovante. Dans les thérapies cellulaires et géniques, la question centrale n’est pas seulement “le produit fonctionne-t-il dans ce modèle ?”, mais “le faisceau de preuves est-il assez robuste pour justifier le développement suivant ?”.
Cette distinction est particulièrement importante en leucémie. Un candidat CAR-T, par exemple, doit documenter la pertinence de sa cible, son niveau et son hétérogénéité d’expression, l’activité contre des cellules primaires, le risque d’atteinte de compartiments hématopoïétiques normaux, la persistance fonctionnelle, les mécanismes d’échappement et la reproductibilité du procédé qui génère le produit.
Le choix du modèle est également déterminant. Une efficacité dans une lignée cellulaire très homogène peut surestimer la performance réelle face à une maladie clonale complexe. Les modèles utilisant des cellules primaires, des PDX ou des systèmes reproduisant le microenvironnement médullaire apportent des informations complémentaires. L’objectif n’est pas d’accumuler les modèles, mais de construire une chaîne de preuves où chaque expérience répond à un risque de développement identifié.
La préclinique doit aussi dialoguer très tôt avec la bioproduction. Une modification du procédé de fabrication peut changer le phénotype, la viabilité, la puissance ou la persistance du produit. Le “produit” testé en préclinique doit donc rester suffisamment représentatif de celui qui sera utilisé en clinique pour que les données soient réellement transposables.
C’est cette continuité - validation biologique, modèles pertinents, développement de procédé, contrôles qualité, GMP et essais précoces - qu’OPALE met en avant à l’approche des Innovative Therapies Days 2026 des 8 et 9 octobre à Besançon. Dans les MTI, accélérer ne signifie pas supprimer des étapes : cela signifie produire plus tôt les bonnes preuves, dans le bon ordre.